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MÉRINCHAL—LES PLANTES SAUVAGES

Le samedi 2 juillet 2011, nous étions conviés à une balade au hameau de Mercin, commune de Mérinchal, pour découvrir les vertus des plantes sauvages. Un ramassage en car était organisé, au départ de la Souterraine. Nous étions attendus sur la place de l’église à Mérinchal par nos deux animateurs, Thierry Thévenin et Vincent Bourdon, pour rejoindre ensuite le site de Mercin pour la visite du jardin des herbes sauvages et le champ de culture naturelle. 

Thierry Thévenin, installé depuis 1989, est responsable de cours à l'association pour le renouveau de l'herboristerie et l'homme que l'on voit de temps à autre dans le magazine médical de France 5 « Allo docteur »;

Vincent Bourdon, son associé depuis 2007, est un jeune producteur de semences et plants d'herboristerie, et présente le jardin et l'atelier de séchage.

20110702_TTheveniAU CHAMP de Thierry Thévenin

La feuille de noisetier séchée pour des infusions (4 ou 5 par tasse)
La chélidoine dangereuse au jus jaune qui a grosse dose est un bouillon de 11heures, qui brûle les verrues et les peaux sèches mai qui peut soigner la jaunisse
Le millefeuille achillée qui est un véri-table pansement, antiseptique et cicatri-sant, à ne pas confondre avec le mille-pertuis de la saint jean sans vertu ; il fait aussi une bonne tisane avec ses fleurs en début de floraison
La ronce, le remède de l’angine, astrin-gente par ses tanins est le dernier remè-de le plus connu ; cueillir les jeunes pousses sans épine
La menthe mélisse pour la digestion et le mal des transports (no comment)
La grande berce, cette ombellifère herbe à lapin est une plante médicinale, mais attention à la berce du caucase, même si en russie la soupe borch lui emprunte son nom ; à ne pas confondre avec l’angélique sans poils, elle, par contre faite pour les bêtes à poils, virils, puisque dédiée à Héraclès ; aphrodisiaque tonique contre la sénilité, la grande berce méritait bien quelques lignes
Le chardon nettoie le foie sans abus, comme la randonnée (grande fleur de marguerite vivace) que l’on verra au jardin
Le laurier saint antoine ou épilogue anti inflammatoire soigne la prostate ;
grâce à son arôme de faux thé, une fois la feuille torréfiée il est diurétique
Le gaillet gratteron est également un diurétique dont la graine torréfiée a pu remplacer le café en Allemagne, chez nous il a permis d’inventer le scratch car il est collant
L’écorce du saule est médicinale et fait l’effet de l’aspirine, l’arbre commun est dit roux par ses feuil-les et c’est le seul arbre dont on peut nouer la branche
Le lotier a une fleur en couronne, jaune comme le genet, il aide pour les examens et calme l’angoisse
La menthe et l’origan (ou marjol-let sauvage) sont connus en cuisi-ne
La rose galica ou rose sauvage est un astringent léger ; on en fait des confitu-res, des sirops, de la pommade ; elle a la vertu de chasser les puces et les aoutas (notamment où pon-dent les poules)
L’arquebuse, tonique amer sert la digestion et peut se boire en sirop
Le bouleau est médicinal il nettoie les articulations et pré-vient les rhumatismes ; c’est un diurétique et son écorce blan-che est récoltée
La belle de nuit enfin -on peut finir avec elle dans le champ- dont l’autre nom est onagre fournit une huile cosmétique contre les rides et ses pétales peuvent se manger en salade.


20110702_VBourdonAU JARDIN du Mercin de Vincent Bourdon

La mauve de Mauritanie qui monte à deux mètres comme la rose trémière a de grosses fleurs ? Elle sert de laxatif et soulage les bronches en liquidifiant les mucosités de la même façon que cette fausse rhubarbe, non comestible et énorme qui s’étale de l’autre coté de la rue
Le souci soigne les problèmes de peau, l’acné et le psoriasis, il faut le macérer et en faire de l’huile
Le chardon marie qui a des épines sur la feuille a une fleur comestible,
quant à la sauge sclarée, elle est la plante la plus cultivée pour la parfume-rie notamment dans la Drôme, ses ver-tus essentielles sont digestives et anti-biotiques
La guimauve a une peau de velours qui fait des tisanes adoucissantes et ses racines confites servent en confiserie dans des bains de sucre (chamallow)
La monarde, la bardane, les pensées sauvages ont des vertus relaxantes
Le plantain soigne les allergies et les piqûres d’insectes, il peut se consom-mer en salade
Le pavot rouge ou rose est un sédatif
L’harpagophitum, que l’on trouve dans les fossés est anti inflammatoire
La camomille au goût amer soignait les maux de tête de ma mère
L’aneth, l’anis, le fenouil, la coriandre servent dans l’alimentation, les soupes notamment
La valériane, la ballote (qui ressemble à l’ortie blanche ou lamier prévient la ménopause), comme le millepertuis ce sont des sédatifs
L’aigremoine est un astringent et soi-gne la diarrhée
J’arrête la mienne avec le staphilier ou faux pistachier cet arbre paraît-il rame-né de Paris par les maçons de la Creuse et dont la graine fournit des bijoux - perles, on trouve cet arbre, j’allais dire cette perle, de l’Europe centrale à l’Ouest de l’Asie.

LesPlantesSauvages

A LA REFLEXION,

Entre la diététique, la thérapie, l’herbo-risterie, il y a toutes nos philosophies de vie que l’écologie bien pensée éveille, réveille, stimule, fait s’adapter dans nos intérêts et nos particularités.
Nos hôtes savent de quoi ils parlent et ils en parlent bien. Nous avions tous quelque part des souvenirs et des livres de grand-mère (il n’y a pas que la confi-ture même si c’est un de mes vieux pots préférés).
Faut pas se fier à tout, chacun ses gè-nes, sa biologie, son biorythme, son hérédité et sa grand-mère ; faut pas non plus se fier aux étiquettes y compris dans les jardins botaniques mérin-chaux (c’est eux qui le disent),
Il y a 1700 plantes en France très très peu utilisées.
Il y a encore des belle mères, des légendes, des empoisonneurs
Il y aura toujours des farceurs des placebos des contrefaçons.
Il y a aussi des héros et donc des remèdes héroïques, pour le commun que je suis il y a la dose, à chacun de la connaître et de la faire sienne.
N’oublions pas que pharmacie vient de farmacon qui signifie poison
Faut pas se fier à n’importe qui, n’importe quel petit apprenti herboriste déguisé en sorcier, et qui ne connaît pas le temps des plantes, qui peut être très long, en tous cas plus que le nôtre et c’est irréversible.
On ne doit consommer les plantes mé-dicinales que lorsqu’on est vraiment malade et que l’on sait de quoi.
On ne supprimera pas complètement la pollution mais on doit la connaître, y compris dans la nature creusoise –respirer est la première pollution –
Nous avons l’air malin avec notre air pur et notre savoir : les taches rouges sur la tige de la plante n’est pas un bon signe comme sur l’amanite ; la pharma-copée nous invite à plonger dans ses bocaux, essayer la mode des huiles es-sentielles, se faire badigeonner dans les thermes et avaler une cueillette non cuite comme les graines germées qui ont fait faillite avant que de faire com-merce profitable.
Faut pas se fier au tout cuit, plus la personne est âgée moins elle est sai-gnante, plus la plante vieillit et durcit, plus il faut la cuire.
On ne vous met pas de force dans votre assiette (à ce propos, saluons le menu de Crocq) en ayant les crocs on mange-rait n’importe quoi, ce jour là, nous avons eu notre dose de diététique et de goûts divers, sans déviation (fors la route), sans désharmonie, avec le soleil et les tisanes réconfortantes qu’il fallait, avec un pas d’indien (sans les plumes) sur ces trésors un peu oubliés.
Même le diplôme d’herboriste n’est pas du tout cuit.
Quant au nouvel atlas du Limousin que l’on doit au Conservatoire, il représente un travail de passionnés, d’érudits sa-vants, pas de buveurs invétérés de gnôle où ont macéré des herbes magiques, pas les enfants des romains ou grecs de l’antiquité ni même du moyen âge, pas les pauvres de l’est qui sont à l’ouest prêts à faire n’importe quoi pour se sortir de la misère.
Faut pas se fier aux effeuilleurs de marguerites non plus, ils sont prêts à manger votre part depuis qu’il est écrit que c’est comestible, photos à l’appui (les photos mentent, vous le savez bien).
Pour la saveur il n’y a plus qu’à goûter.
Ah pourvu que le bouilleur de cru ne soit pas déjà passé pour que je puisse me rincer le gosier ; de toutes les façons je suis sauvé grâce à M. Thévenin : je m’inscris au syndicat des Simples ; après tout on l’a bien mérité ; il y a pire comme destin.
La Creuse, ses routes et ses chemins, ses atouts aussi se méritent.
L’amitié, je n’en parle même pas, elle ne vaut que d’être pratiquée.


MÉRINCHAL—LES PLANTES SAUVAGES
Juillet 2011
Jacques CATINAT

 Le site Herbes de vie


Quelques photos de la visite


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