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Il ne faut pas confondre Moussur et Moussur

Dans leur très beau livre, Recettes Limousines de nos Grands-mères, Marie-Pierre MAZEAU-JANOT et Louis GILDAS, ne contentent pas que de nour donner d'excellentes recettes de cuisine mais ils nous rapportent ça et là histoires et annecdotes qui nous rappellent, à nous les anciens, de bien lointains et jolis souvenirs.

Je cite:

"Pour les métayers lo Moussur (le Monsieur) c'était le patron, lo piti moussur (le petit Monsieur) c'était le régisseur, lorsqu'il y en avait un, mais c'était il y a longtemps... Mais dans le même temps, ce temps d'avant, lo moussur c'était aussi le cochon".

Ce cochon que l'on l'avait engraissé et bichonné toute l'année  était le seul produit de la ferme que le métayer ne partageait pas avec le patron. C'était donc pour lui certainement quelqu'un de très important, mais pourquoi l'appellait-il lo Moussur?

Etait-ce:
- Parce qu'il était gras comme le patron?
- Parce qu'il ne pensait qu'à manger et faire la sieste comme le patron?
- Ou par simple dérision?

Chers internautes, si l'un d'entre vous connaît la réponse à cette énigme faites nous le savoir, nous ne manquerons pas de la publier dans notre prochain bulletin.

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La rabo et la chatagno a manqua  
Le Limousi aîe ruèna

« La rave et la châtaigne ont manqué.
 Le Limousin est ruiné »

Disait le dicton populaire de l’époque.

      En effet c’étaient encore les deux principales cultures de notre province au début du siècle dernier. Elles étaient la nourriture de base des humains et des animaux.

 La rave creusoise 

     Ne cherchez pas à cultiver ce type de rave, vous ne trouverez pas de semence même dans les meilleures graineteries. Elle n’a jamais fréquenté de tels endroits !

      La rave creusoise était ronde et plate. Son diamètre pouvait atteindre celui d’une assiette, elle avait une grande qualité : elle ne gelait pas. Les paysans la cueillaient tout au long de l’hiver. C’était un excellent légume frais pour le bétail mais aussi pour les humains. Ils l’utilisaient dans les potées, la plaçaient aussi au fond du tupi (pot) quand ils faisaient des châtaignes blanchies pour qu’elles ne collent pas.

      Tous les ans chaque paysan choisissait quelques beaux pieds et les laissait « monter en graines » afin d’avoir sa propre semence pour sa prochaine récolte.

      La rave Creusoise avait encore un autre avantage. On la semait fin août début septembre, après avoir récolté le seigle, ce qui permettait de faire la même année deux cultures sur la même parcelle.

      Les temps ont bien changé : Cette rave n’est plus cultivée en Creuse depuis la fin de la dernière guerre et en ce qui concerne la châtaigne, beaucoup d’entre nous, plutôt que de se faire piquer les doigts par les pélous (bogues) lors du ramassage, préfèrent les acheter prêtes à cuire au rayon surgelé de leur supermarché

 Ainsi va la vie…